Une chauve-souris est entrée chez moi : comment réagir sans lui faire de mal ?
Un froissement d’ailes dans le salon, une silhouette sombre qui rase le plafond… pas de panique. Si une chauve-souris s’est retrouvée chez vous, c’est presque toujours par accident. Et contrairement à ce que les films d’horreur suggèrent, elle a bien plus peur de vous que l’inverse. Voici comment gérer la situation calmement — et légalement.
Pourquoi il est interdit de la tuer (et pourquoi c’est tant mieux)
Toutes les espèces de chauves-souris présentes en France métropolitaine sont strictement protégées par la loi (arrêté du 23 avril 2007). Les tuer, les capturer, les déranger intentionnellement ou détruire leurs gîtes est passible d’une amende pouvant atteindre 150 000 euros et de trois ans de prison. Ce n’est pas un détail juridique anodin.
Mais au-delà de la loi, les chauves-souris sont des alliées précieuses. Une seule pipistrelle commune consomme entre 1 000 et 3 000 insectes par nuit, dont une majorité de moustiques et de papillons de nuit nuisibles aux cultures. Les chasser reviendrait à se priver d’un insecticide naturel remarquablement efficace.
La marche à suivre pour la faire sortir
| Étape | Action | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1 | Fermer les portes des autres pièces | Limiter son espace de vol et l’orienter |
| 2 | Ouvrir grand la fenêtre | Lui offrir une sortie évidente vers l’extérieur |
| 3 | Éteindre les lumières intérieures | La lumière extérieure l’attire vers la sortie |
| 4 | Quitter la pièce et patienter | Sans agitation, elle trouve la sortie en 15-30 min |
| 5 | Si posée : la recouvrir d’un linge | Glisser un carton dessous et libérer dehors |
Ne cherchez jamais à l’attraper en vol avec un balai, un torchon ou vos mains. Vous risqueriez de la blesser et de vous faire mordre par réflexe défensif. Si elle est posée sur un mur ou un rideau, approchez-vous doucement avec des gants épais (jardinage par exemple), recouvrez-la d’un torchon léger, puis glissez un carton rigide en dessous pour la transporter dehors.
Quand la situation est différente : une colonie installée
Un individu égaré dans le salon, c’est un incident ponctuel. En revanche, si vous entendez des grattements réguliers dans les combles, si vous trouvez des déjections noires et sèches (qui s’émiettent en poudre fine, contrairement à celles des souris), il est possible qu’une colonie ait élu domicile dans votre toiture.
Dans ce cas, ne tentez surtout pas de les déloger vous-même. Contactez votre antenne locale de la Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères (SFEPM) ou un chiroptérologue référencé par votre Direction Départementale des Territoires. Ces spécialistes interviennent gratuitement pour évaluer la situation et proposer des solutions compatibles avec la protection de l’espèce.
Les déjections posent-elles un risque sanitaire ?
Le guano de chauve-souris, accumulé en grande quantité dans un espace confiné, peut effectivement présenter un risque. La principale préoccupation est l’histoplasmose, une infection pulmonaire causée par un champignon (Histoplasma capsulatum) qui se développe dans les déjections accumulées. Le risque est réel mais limité : il concerne surtout les accumulations anciennes dans des greniers mal ventilés.
Pour nettoyer du guano en quantité, portez un masque FFP2 et humidifiez les déjections avant de les ramasser (pour éviter de soulever les spores). Un procédé semblable à celui recommandé pour supprimer les traces laissées par d’autres animaux nuisibles dans les espaces clos.
Cohabiter plutôt qu’exclure
Si la colonie ne génère pas de nuisances majeures (bruit, odeur, infiltration), la cohabitation est souvent la meilleure option. Vous pouvez même aménager un accès dédié (chiroptère) pour que les chauves-souris entrent et sortent sans passer par vos pièces de vie. Certaines mairies et parcs naturels fournissent gratuitement des nichoirs à chauves-souris pour les rediriger vers un emplacement moins gênant.
Avoir des chauves-souris à proximité de chez soi, c’est avoir un escadron anti-moustiques gratuit qui travaille chaque nuit sans congé. Autant en profiter.
