Piège à souris : lequel choisir ? Où le poser ?

Une souris ne se méfie pas d’un objet nouveau. C’est la différence fondamentale avec le rat, et elle change complètement la façon de piéger : là où un rat demande des jours d’approche prudente, une souris ira renifler une tapette posée le soir même. Si vos pièges restent vides, le problème vient presque toujours de l’endroit où vous les avez mis.

Quel type de piège à souris choisir ?

Quatre familles se partagent le rayon, et elles ne se valent pas.

La tapette à ressort reste la référence. Elle coûte quelques euros, se réarme, tue instantanément quand elle est bien réglée, et vous savez immédiatement si elle a fonctionné. Les modèles modernes en plastique avec pédale large se déclenchent plus franchement que les vieilles tapettes en bois et se vident sans y toucher.

Le piège électrique attire par son confort d’usage : l’animal entre dans un tunnel, reçoit une décharge, un voyant s’allume et vous videz le boîtier sans rien voir. C’est propre, c’est efficace, et c’est quatre à dix fois plus cher. Il se justifie surtout à l’intérieur, dans une cuisine ou un logement où la vue d’une souris morte pose problème.

Le piège à capture vivante ne tue pas, ce qui séduit beaucoup de gens. Il impose en contrepartie une contrainte que peu anticipent : il faut le relever tous les jours, une souris enfermée meurt de soif en peu de temps, et il faut la relâcher à plus d’un kilomètre sous peine de la voir revenir.

Les plaques de glu, enfin, sont à éviter. L’animal s’y débat parfois des heures et s’arrache la peau en tentant de se libérer. Elles attrapent aussi, régulièrement, des oiseaux et des lézards. L’efficacité ne justifie pas ce procédé, d’autant que la tapette fait aussi bien pour moins cher.

Où poser les pièges, et combien ?

Voici le point qui décide de tout. Une souris ne traverse pas une pièce : elle longe les murs, les plinthes, l’arrière des meubles, parce que ses vibrisses lui servent de guide et que le dégagement la rend vulnérable.

Un piège posé au milieu du sol ne prendra rien, même chargé du meilleur appât. Il se place contre le mur, perpendiculairement à celui-ci, la partie appâtée tournée vers la plinthe, de façon à ce que la souris rencontre l’appât dans son trajet naturel.

Schéma : piège à souris perpendiculaire au mur, appât côté plinthe
À gauche la pose qui prend, à droite celle qui ne prend jamais rien.

Sur le nombre, la plupart des gens en posent deux et s’étonnent que ça traîne. Une femelle peut avoir cinq à dix portées par an, de cinq à huit petits chacune : quand vous en voyez une, il y en a déjà plusieurs. Posez-en six à douze d’un coup, sur les trajets repérés, et gardez-les en place une semaine après la dernière capture.

Les crottes indiquent les parcours mieux que n’importe quelle observation : là où elles s’accumulent, il y a un passage régulier. C’est là que le piège doit aller.

Quel appât fonctionne le mieux ?

Le fromage est une invention de dessin animé. Ce qui marche vraiment, c’est ce qui est gras et odorant : le beurre de cacahuète arrive largement en tête, suivi par le chocolat et par les fruits secs.

Le geste qui change tout consiste à en mettre très peu, et à le faire adhérer. Une noisette de beurre de cacahuète écrasée dans le creux de la pédale oblige la souris à insister pour la décoller, et c’est cette insistance qui déclenche le mécanisme. Un gros morceau posé dessus part sans que le piège bouge.

Un détail saisonnier vaut d’être connu : en fin d’automne, quand les souris entrent pour l’hiver, elles cherchent aussi de quoi garnir un nid. Un peu de coton ou de fil dentaire noué sur le déclencheur devient alors un appât redoutable, et il ne peut pas être emporté proprement.

Contrairement à une idée répandue, l’odeur de vos mains sur le piège ne gêne pas une souris. Vous pouvez manipuler sans gants. C’est pour le rat, méfiant de tout ce qui est nouveau, que la précaution se justifie.

Et les répulsifs à ultrasons ?

La question revient à chaque fois, et la réponse déçoit : aucune étude sérieuse n’a montré d’effet durable. Les rongeurs s’habituent en quelques jours, et les ondes ne traversent ni les murs ni les meubles, ce qui laisse intactes toutes les zones où les souris circulent réellement.

Le seul usage défendable de ce type d’appareil est préventif, dans un volume fermé et vide, un garage ou un local technique, et encore. Nous avons regardé le sujet en détail sur notre page consacrée aux ultrasons anti-rongeurs.

Une dernière chose, qui vaut plus que tous les pièges du monde : une souris passe par une ouverture de la taille d’un crayon. Tant que le trou de passage du tuyau sous l’évier, le bas de la porte de garage ou la grille d’aération cassée restent ouverts, vous piégerez indéfiniment de nouvelles arrivantes. La laine d’acier enfoncée dans les orifices, que les rongeurs ne peuvent pas ronger, règle la question pour de bon, et le reste de nos solutions se trouve sur la page anti-rat et anti-souris.