Piège à taupe : lequel choisir ? Comment bien le poser ?

Vous comptez douze taupinières dans la pelouse et vous imaginez une colonie. Il y a de fortes chances qu’il n’y ait qu’une seule taupe. Elle est solitaire, territoriale, et son réseau de galeries peut couvrir plusieurs centaines de mètres carrés à elle seule. Cette information change tout : vous n’avez pas une invasion à traiter, vous avez un animal à localiser.

Faut-il vraiment se débarrasser d’une taupe ?

Commençons par tordre le cou à une idée fausse. La taupe ne mange pas vos racines, ni vos bulbes, ni vos légumes. C’est un insectivore : son régime se compose de vers de terre, de larves, de tipules et de vers blancs. Les dégâts qu’on lui attribue au potager sont le plus souvent l’œuvre du campagnol terrestre, un rongeur qui emprunte ses galeries.

Ses vrais torts sont mécaniques. Les taupinières abîment une pelouse tondue de près et encrassent les lames. Les galeries de surface déchaussent les racines des jeunes plants, qui sèchent faute de contact avec la terre. Dans une prairie de fauche, la terre rapportée souille le fourrage.

Autrement dit, le préjudice est réel sur un gazon soigné ou un jeune massif, et à peu près nul dans un verger ou un fond de jardin. Cela vaut la peine d’y réfléchir avant de sortir les pièges, d’autant qu’un territoire libéré est recolonisé en une saison ou deux par une taupe voisine.

Quel piège à taupe choisir ?

Trois modèles se partagent l’essentiel du marché, et le choix dépend surtout de votre aisance à les manipuler.

Le piège pince, souvent appelé Putange du nom de son inventeur, est le classique français : deux mâchoires tendues par un ressort, qu’on enfonce verticalement dans la galerie. Il est peu coûteux, très efficace entre des mains exercées, mais il demande une pince de tension et un minimum de méthode pour l’armer sans risque.

Le piège tunnel, ou piège ciseaux, se pose horizontalement dans la galerie et se déclenche au passage de l’animal. Il pardonne davantage les erreurs de pose, coûte un peu plus cher, et se manipule sans outil.

Le piège cloche, enfin, se place sur une taupinière fraîche. C’est le plus simple à installer et le moins efficace des trois, parce que la taupe circule surtout dans ses galeries profondes et ne remonte pas systématiquement.

Le geste qui fait tout : trouver la galerie principale

C’est là que se joue la réussite, bien plus que dans le choix de la marque. Une taupe creuse deux types de conduits. Les galeries de surface, celles qui soulèvent la terre en bourrelet sinueux, sont des galeries de chasse souvent abandonnées après un passage. La galerie principale, plus profonde et rectiligne, relie le nid aux zones de chasse : la taupe l’emprunte plusieurs fois par jour.

Pour la repérer, observez l’alignement des taupinières. La galerie principale suit généralement une ligne droite entre elles, ou longe une bordure, une haie, un mur, une allée. Sondez avec une tige métallique entre deux taupinières alignées : le sol cède d’un coup quand la pointe traverse le vide de la galerie.

Schéma : galeries de surface et galerie principale d'une taupe en coupe
Seule la galerie principale, droite et profonde, est réempruntée chaque jour.

Une fois le piège posé dans ce conduit, rebouchez soigneusement l’ouverture que vous avez faite, en laissant le mécanisme libre. C’est essentiel : la taupe supporte mal les courants d’air et la lumière dans son réseau, et elle vient précisément reboucher toute brèche. C’est ce réflexe qui la conduit au piège.

Portez des gants, non par superstition mais parce que son odorat est excellent, et relevez les pièges chaque jour. Si rien n’a bougé au bout de trois jours, la galerie n’était pas la bonne : déplacez, ne changez pas de matériel.

Les répulsifs et les appareils à vibrations fonctionnent-ils ?

Les piquets solaires qui émettent des vibrations se vendent très bien et ne tiennent pas leurs promesses. Ils peuvent déplacer l’animal de quelques mètres les premiers jours, puis l’accoutumance s’installe et les taupinières reviennent, parfois juste à côté du piquet.

Le même verdict vaut pour la plupart des répulsifs olfactifs enfoncés dans les galeries, qu’il s’agisse de préparations du commerce ou des remèdes de grand-mère à base de tourteau de ricin, d’ail ou de poils. Le réseau est vaste et ramifié : la taupe contourne la zone traitée sans quitter son territoire.

Reste une alternative honnête pour qui ne veut pas tuer : accepter les taupinières en les étalant à la pelle avant la tonte, ce qui fournit au passage un excellent terreau, et protéger seulement ce qui compte. Un grillage à maille fine enterré sur cinquante centimètres autour d’un carré potager ou d’un jeune massif tient la taupe à l’écart sans rien supprimer. Les moyens de repérer l’activité au jardin sont détaillés dans notre article sur la détection des taupes, et c’est par là qu’il faut commencer avant tout achat.